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Vendredi 16 octobre 5 16 /10 /Oct 10:41
- Publié dans : listes explicatives

Aujourd'hui je voudrais vous parler de la sortie d'un ouvrage intitulé " Dictionnaire du look, une nouvelle science du jeune" écrit par Geraldine de Margerie.


Autant vous dire que j'ai dévoré ce livre, d'autant qu'il m'a fait furieusement penser à mon autre livre de chevet " Les mouvement de mode expliqués aux parents" , œuvre majeure publiée en 1984, et qui n'avait malheureusement jamais connu de réactualisation.  Il s'agissait d'une sorte de décodage sociologique des modes vestimentaires de l'époque, avec schémas, explications, mises en situation, tout cela dans un ton très second degré. C'est un peu ce livre qui m'avait poussé à créer ce site d'ailleurs.

Geraldine de Margerie propose une réactualisation de ce concept  avec son très beau livre (les photos et les illustrations sont très soignées). Toutes les modes actuelles y passent, du jeune emo au skater, en passant par le fluokid jusqu'au "jah-jah'" synonyme chez eux du théâtreux chez nous.

Le chapitre sur les Jah Jah est d’ailleurs tout à fait pertinent, je vous laisse juger par vous même en vous citant quelques extraits :

" généralement issu de la classe moyenne, le jah jah est très porté sur les études. A ses yeux, c'est par la connaissance que ce monde malade trouvera son salut. Il n'est pas de fac de france qui n'abrite en son sein un de ses nids à dreads et à bindis. Le Jah Jah suit des cours de philosophie, de sociologiede... quand il n'étudie pas les lettres modernes ou la médiation culturelle option cracheur de feu".

Avenir du jah jah
Prof, instit
Intermittent du spectacle
Musicien, jongleur, clown (...) Moniteur de colos (le jah jah est souvent diplômé du BAFA)


Enemis
Sarkozy, lepen, le capitalisme, la société de consommation, le bobo qui n'a pas su choisir son camp"



S'en suit une très précise description du jah jah (musique, style, culture, politique, drogue, icônes, lexiques etc.) ainsi qu'une rubrique "24h dans la vie d'un JahJah".

Un livre que je vous recommande chaudement, (c'est bientôt noël, en voilà une bonne idée de cadeau) Chacun trouvera dans cet ouvrage  la tribu auquel il appartient (peut être même sans le savoir) ou celle de ses amis, sa famille, ses voisins….

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Mercredi 7 octobre 3 07 /10 /Oct 10:52
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Suite et fin de l'article.

Lorsqu'elle revient en France, Mako pose sur ces proches un regard différent, de celle qui a vu des choses vraies. Ne supportant pas de vivre comme un mouton, et de devoir subir l’horrible triptyque « métro boulot dodo », Mako choisira de vivre de sa passion pour les arts de rues. Elle logera dans un squat avec ses amis artistes politisés, et s’investira totalement dans diverses manifs. Ses parents, d’anciens profs assez compréhensifs, l’aideront financièrement le temps qu’elle trouve sa voie. Des années plus tard, comprenant que ses maigres cachets ne suffiront pas à faire d’elle une vraie intermittente du spectacle, elle vivra un temps du RMI et arrondira ses fins de mois en vendant des tartines de choux rouges et de la bière artisanale importée de la Drôme sur les marchés.

A 31 ans, elle pensera sérieusement à avoir des enfants et passera le concours de la fonction publique, qu’elle réussira. Epanouie dans un travail d’assistante logistique au sein de l’équipe culturelle d’une mairie communiste, Mako parviendra à rependre le dessin, qu’elle avait arrêté en terminale. Elle vendra même une de ses toiles à la bibliothèque municipale, gérée par un ancien amant. Mariée à Jean Christophe (l’Ami JeanJean qu’elle retrouva des années après) devenu chercheur au CNRS, Marie Caroline disposera d’un niveau de vie confortable. Préoccupée par les questions d’environnement et impliquée dans des actions liées au commerce équitable, elle fera alors partie d’une autre sorte de gens : les bobos.
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Mardi 6 octobre 2 06 /10 /Oct 10:50
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Politiquement, Mako se sent très impliquée, notamment par rapport à la légalisation du shit. Mako connaît sa première grande histoire d’amour avec Jean Christophe, qui préfère se faire appeler "l’ami JeanJean",  qu'elle a rencontré lors d'une réunion de quartier. Ils ont sympathisé lors d'un débat qui a tourné antimondialisation. Mako a revu l’ami JeanJean quelques jours plus tard, chez un ami commun. JeanJean et Mako se rapprochent et se découvrent un tas de points communs: leur désir de partir découvrir l'Afrique du nord à pied, le même gout pour la nouvelle chanson française, leur écœurement vis-à-vis des politiciens, l'envie de tout changer.... L’ami JeanJean et Mako resteront ensemble un bon moment, jusqu’à ce que Mako décide de se « casser de cette vie de merde consensuelle et friquée ».

Une année Erasmus à Montréal et quelques échecs scolaires plus tard, Mako abandonne définitivement ses études « qui ne sont rien comparé à l’école de la vie » et décide de partir vivre la vraie vie justement. Initier les enfants au théâtre aux Philippine, enseigner la poterie en Inde, créer des bracelets artisanaux en Namibie, elle est prête à vivre toutes les expériences.

Elle choisit pour commencer de suivre un trek à Bamako pour 3 mois. Lors de son séjour, elle prend des photos argentiques (parce que le numérique c’est trop froid) et en noir et blanc (parce que la couleur c’est impersonnel) de vieilles femmes, d’hommes moches, d’enfants, de murs délabrés: bref, de tout ce qui fait la VIE du pays. Elle est fascinée par les autochtones « qui vivent avec si peu » et fantasme sur leur quotidien : "le soir, ils n’ont pas la télé, alors l'ancien raconte des histoires aux plus jeunes..."



La suite de l'article demain !
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Lundi 5 octobre 1 05 /10 /Oct 10:47
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Coté musique justement, Mako apprécie énormément le mouvement de chanson réaliste, porté par des groupes comme « la tordue » les « têtes raides », « casse-pipe » ou encore « les orgues de barkack ». Plus encore que la musique, ce qu’elle préfère par-dessus tout, c’est d’aller dans des concerts et de pouvoir apprécier l’ambiance festive qui s’en dégage. Elle a quelque fois l’impression d’assister à des bals populaires, tels qu’ils devaient avoir lieu dans le Paname des années 30 : accordéon, valse musettes, humour troupier, accents des faubourgs, ambiance "dockers", pull marins, bérets et bretelles… Tout est là pour contribuer à restituer la magie d’un autre temps. Car pour Mako, les années 2000 sont sombres, tristes, froides et technologiques, impersonnelles et robotiques. C’est pour cela qu’elle met beaucoup d’énergie à apporter un peu de chaleur et beaucoup d’amour à la vie quotidienne, notamment en organisant chaque année des fêtes de quartiers, ou des fêtes de voisinage. Mako adore aller faire son marché en semaine et prend plaisir à « tailler le bout d’gras » avec des vieilles femmes, les appelant "mémé" ou "grand mère". Mako les écoute religieusement, les yeux grand ouverts, peu importe le sujet de conversation (du chien qui fait ses besoins partout, des carottes trop chères, du temps qu’il fait) car Mako sait que derrière ses sujets de conversations futiles, se cachent les secrets de femmes qui ont vécu, qui ont connu des guerres et des moments difficiles.

Sur les marchés, Mako aime aussi à faire rire les enfants qu’elle rencontre. Il faut dire qu’elle a toujours sur elle des balles de jonglage et son diabolo et qu’elle n’est pas avare en pitreries. Elle aime le regard des enfants qui ne trompe pas, et leur parle comme à des adultes, car un « ptit mioche » comprend tout. Le rire d’un enfant est sa plus grande récompense, car elle sait qu’ils sont les seuls à s’exprimer avec le cœur. D’ailleurs, Mako, qui a gardé son cœur d’enfant, aime profondément les gens, et veut le montrer. Elle aime à parler à toutes les couches sociales, et surtout les ouvriers, les gens du peuple, ceux pour qui la vie est rude. Mako s’extasie sur le travail manuel et les artisans, qui « travaillent avec leurs mains, des mains qui sont sources de vie ».


La suite demain !

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Dimanche 4 octobre 7 04 /10 /Oct 10:35
- Publié dans : prototypes
Note : Je vous met en ligne un billet qui devait initialement être publié dans un magazine. Comme je ne suis pas sure que cela se fasse finalement, je trouvais dommage de ne rien en faire . Donc voilà. Certains passages vous seront sans doute familier, car je les ai repris de certains autres billets de ce blog. Ce billet est en quelque sorte un condensé de ce blog, retraçant le parcours d'une théâtreuse imaginaire.

Marie-caroline, 19 ans, aime qu’on l’appelle « Mako ». Elle vient d'entrer en deuxième année de socio. Dans les couloirs de la fac, on la reconnaît facilement à ses longs cheveux colorés au henné, son sarouel jaune soleil, son bonnet bariolé à clochette, son poncho péruvien, son petit sac ethnique qui contient ses feuilles et son tabac à rouler, et ses nombreux bijoux artisanaux. En été, elle se ballade pieds nus, pour libérer le pied de cet infâme carcan capitaliste qu’est la chaussure. Elle pense s’habiller de façon « originale » et ne faire partie d’aucun « mouvement de jeune », qu’elle juge « mercantiles » et « puérils ». Mako se dit « différente », « contre les modes », et « anticonformiste » : Mako est ce qu’on appelle « une théâtreuse ».

Mako s’est inscrite dans plusieurs associations étudiantes, et cette année, elle a choisi des cours d’initiation à la danse contemporaine, car comme elle l’explique, elle ressent le besoin violent d'évacuer le stress des exams en se roulant par terre". Elle continue néanmoins ses autres activités, notamment ses cours de diabolos et l'apprentissage des arts de rues. Mako participe également à l'organisation du festival de l'association multiculturelle '"lesARts en petARTs". Elle pense se joindre à la fanfare itinérante en proposant une prestation de « free violon ». Pour elle, rien ne vaut l’improvisation totale, lorsque la synergie du groupe engendre une créativité folle. Elle songe aussi à faire participer au festival le groupe reggae-ska festif de son meilleur ami « Pipot », très influencé par Sinsemilia et la Ruda. Le groupe joue déjà à 10 sur scène mais il n’est pas rare qu’ils invitent des gens du public à venir s’associer à eux, proposant ainsi une vision à chaque fois renouvelée de leurs propres chansons. Et qu’importe s’il y a souvent plus de monde sur scène que dans la salle… Ils font ça « pour le trip », leur musique n’est pas « à vendre » de toute façon.


La suite de l'article  demain :)
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  • : 08/03/2006

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